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ann bernachin

Performance

Performance « Ad Vitam »

Le projet Solo Soli présenté au Mac Orlan à Brest a été une opportunité pour enfin réaliser une performance incarnée de mes préoccupations abordées en arts-plastiques. La recherche du mouvement que ce soit plastiquement ou en danse sont au coeur de mes représentations. En anglais MOTION (mouvement) est forcément lié à l’EMOTION, cette évidence résume simplement la vie.

Ainsi pour moi la danse (le mouvement) et les arts-plastiques (la matière) se nourrissent mutuellement et se complètent pour explorer l’organique qui nous compose. Les spectacles de danse contemporaines, les stages sont des sources d’inspirations qui enrichissent mes points de vues, sur des formes de transmission d’émotions, ce mouvement intérieur qui nous fait cheminer et réfléchir sur le visible et l’invisible.

Ad Vitam c’est une performance de 16 minutes. De l’apparition, à la disparition, la danse traverse les éléments et des états de corps à travers les mondes organiques qui nous composent. Du végétal, aux algues, au squelette, au mollusque jusqu’à la fin des temps, le cycle de la vie et ses métamorphoses se succèdent, meurent et renaissent.

Cette performance a été conçue sur plusieurs mois et portée par l’association Les pieds nus, et le soutien logistique de Dédale de clown, Le Maquis, La chapelle Derezo, le patronage laïque de Piler Rouge et l’Ar(t)icoche.

Chimères

Herbier chimérique en Cyanotype

A défaut de faire de grandes balades pendant le confinement, j’ai pu prendre le temps d’observer les plantes de mon jardin. J’y ai choisi des plantes qui présentaient des détails graphiques qui m’interpelaient. J’ai voulu les assembler pour m’amuser à réinventer la nature. J’ai ainsi scanné des feuilles, des tiges et des fleurs, que j’ai décomposé pour créer de nouvelles plantes, de nouveaux spécimens proches de notre réalité.

Cette première étape se donne à voir de façon très réaliste sur des photographies sur fond noir un herbier coloré aux plantes étranges.

Après avoir exploité la couleur et les détails troublants des plantes par le médium photographique. J’ai voulu développer cet herbier chimérique avec une technique plus empirique de la photographie qu’est l’impression en cyanotype. Elle m’évoque une évanescence, une trace, un souvenir fantomatique. Je suis fascinée par cette technique du cyanotype que la botaniste et photographe Anna Atkins a mis au point vers 1843 pour réaliser ses alguiers et ses herbiers de la campagne anglaise. Elle a pu y répertorier des centaines de plantes. Cet inventaire est aujourd’hui une source scientifique inestimable qui témoigne de la nature à une époque donnée.

Ainsi cet herbier chimérique en cyanotype témoigne d’un souvenir qui n’existe pas. C’est la que réside le trouble de ces images qui attestent d’un ailleurs qui pourrait avoir autant de valeur que la réalité d’un ici !

Parfois l’impalpable imaginaire nous porte plus que la réalité.

Ces cyanotypes sont édités et en vente sur le site de Pappus éditions.

  • Qu’est-ce qu’un cyanotype?

L’utilisation du cyanotype est un procédé de développement photosensible.

Ce sont les rayons UV du soleil qui impriment l’image sur le papier préalablement enduit de la solution de ferricyanure de potassium et de citrate de fer ammoniacal pour la révéler une fois rincée à l’eau claire. Le bleu de Prusse profond semblable à un pigment minéral est dû à une réaction chimique inventée en 1842 par l’anglais astronome, physicien et chimiste, John Herschel. Le développement des images se fait de façon assez intuitive et donne lieu à des résultats parfois aléatoires. Le temps d’exposition et divers paramètres changent. Le résultat est apprécié différemment selon la sensibilité de chacun.

Ces cyanotypes sont imprimés sur un papier traditionnel japonais et révèlent la finesse du papier kozô. Fabriqué de façon artisanale par le maître Hasegawa-San rencontré lors d’un voyage au Japon en quête de connaissance sur la fabrication du papier. De la récolte de la fibre de mûrier à sa transformation en papier, cet artisan se sert d’un savoir-faire centenaire qui demande patience et maîtrise des gestes à chaque étape de sa fabrication. Mon mari et moi sommes allés à sa rencontre pour notre marque d’affiches Pappus éditions à sa rencontre afin de découvrir et partager ce savoir ancien au fil de certaines de nos collections.

D'ailleurs

D’ailleurs 4

duo 2 Ok-2

D’ailleurs 4 , Hiver 2016.

Branche, lichen, papillon, fil de coton, verre.

© Ann Bernachin